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Faire feu

Œuvre de Sandrine Isambert - Les maux de verre

Jusqu’au 27/09/2026


Une installation de l’artiste Sandrine Isambert proposée en dialogue avec l’exposition « Art déco et modernisme au Val Saint-Lambert (1925-1939).
Illustration : Les maux de verre, 2026, mot en verre et impression vinyle © Olivier Bourgi

L’année 2026 marque le bicentenaire des célèbres cristalleries du Val Saint-Lambert, établies à Seraing, sur les rives de la Meuse. À cette occasion, le Musée du Verre de Charleroi consacre une exposition à la période 1920-1939, époque charnière qui voit l’épanouissement de l’Art déco, bientôt relayé par les premières expressions du modernisme.
Très vite, une évidence s’est imposée : écrire l’histoire de cette cristallerie, c’est aussi raconter celle de ses directeurs, de ses ingénieurs et de ses créateurs — une histoire presque exclusivement écrite au masculin. Les femmes en sont absentes, effacées des récits, invisibles — transparentes, à l’image du cristal qu’elles ont pourtant contribué à façonner.
Et pourtant, leur présence est bien réelle. On les retrouve au relevage d’arche, aux décors, au contrôle de la qualité, à l’emballage, puis, plus tard, à la taillerie. Autant de gestes essentiels, longtemps relégués dans l’ombre.


Il s’imposait dès lors de leur rendre hommage. L’Agora du Musée des Beaux-Arts s’est révélée le lieu juste pour porter cette reconnaissance, à travers le regard engagé de l’artiste plasticienne française Sandrine Isambert, dont le choix s’est imposé comme une évidence.
Rencontrée en 2020 lors d’un colloque consacré à la place des femmes dans le monde du verre, elle avait marqué par la force tranquille de sa conviction : oui, une femme a pleinement sa place dans cet univers. Avec son installation Faire feu, elle en révèle la présence, longtemps diffuse, mais jamais absente.

Et les lignes bougent… Aujourd’hui, Noa Bovy est aux commandes au soufflage du cristal. Qui l’aurait cru en 1826 ?