PIERRE PAULUS

Les Bords de Meuse

Personnalité incontournable du Réalisme social, Pierre Paulus, au début de 20ème siècle, dresse le portrait d’un territoire industriel en plein essor. Exploitations minières, usines métallurgiques et verrières se racontent dans ses peintures, mais aussi, avec elles, la classe ouvrière, la portée humaine d’une épopée à la fois riche et opprimante.

Difficile de s’imaginer, au contact de ses mémoires picturales du « Pays Noir », qu’une palette colorée, au service d’une atmosphère tantôt fraîche et tendre, tantôt méditerranéenne et éclatante, a marqué sa production.

Et pourtant, des bouquets de fleurs qu’il saisit dans son quotidien, aux paysages de Bretagne, du sud de la France, d’Espagne, d’Italie ou encore d’Angleterre, Pierre Paulus se révèle grand coloriste.

Ce sont les bords de Meuse qu’il immortalise ici dans une texture savoureuse, au moyen de petites touches de couleurs claires. C’est à Rivière, là où le fleuve traverse massifs pierreux et boisés, que l’artiste s’est posé. Un endroit qu’il affectionne tout particulièrement « pour sa beauté et son charme, pour les matins brumeux, les bleus pâles et les soirs roses, qui restent parmi les impressions les plus délicieuses de la vie »*.

Bien loin du monde ouvrier et des bords de Sambre qui feront sa renommée dans les années à venir, ce paysage de la  vallée mosane encore enveloppé dans un voile de brume, semble bien paisible.

Atmosphère d’entre-deux, à la fois teintée d’une légère amertume et bientôt bercée de pleine lumière, c’était là un petit matin de mai peut-être…

 

*Fonds Pierre Paulus, Doc.000405R, Lettre de Pierre Paulus à l’abbé Charles Baily, Collections du Musée royal de l’Armée, Bruxelles.

 

 

Pierre Paulus (Châtelet, 1881 – Bruxelles, 1959)

Les Bords de Meuse, ca. 1903

Huile sur toile, 100 x 150cm

Inv. E24

Dépôt de l’Etat belge – Coll. Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Photo ©L.Schrobiltgen