Réalisée il y a juste cinquante ans, cette œuvre de Gustave Camus intitulée « Jeunes femmes regardant le soleil » est une vision facilement transposable aujourd’hui, à quelques préoccupations près. Majeures s’il en est… réchauffement climatique, catastrophes naturelles, écologie mondiale, viabilité de la planète.

Mais nous sommes alors en 1969, une année marquée par d’autres priorités, sociales et humaines. Entre bombes et manifestations, hallucinations et alunissage, « Give Peace a Chance » et « Peace and Love », le rock et Brigitte Bardot, la reconnaissance de l’homosexualité, entre autres, bien des changements et des revendications voient le jour. 

Au soleil de cette année, symbolisé chez Camus par une surface constituée de petites et de grandes formes jaunes et oblongues sur fond noir, cinq personnages féminins nous font face. Schématisés, délimités par un épais cerne noir et rehaussés de couleurs éclatantes et contrastées, de vert et d’orange , les corps se superposent sur la toile, semblent flotter dans un espace indéterminé.

Instant de légèreté, zone de liberté. Dans leur nudité, ces jeunes femmes aux seins et ventres ronds attirent le regard. Avant-bras replié sur le visage, certaines se protègent la vue, bras tendus vers le haut, d’autres profitent, alanguies au soleil. Leurs mains osseuses s’articulent en des gestes délicats et gracieux.

A travers cette toile de Camus transparaissent bien des rêves et des espoirs : ceux de la liberté, de la paix, d’une féminité assumée, d’une jeunesse tournée vers un monde nouveau.

Raconté par le service de médiation des musées, Barbara Allard

Gustave Camus (Châtelet, 1914 – 1984)

Jeunes femmes regardant le soleil, 1969

Huile sur toile, 114 x 146cm

Inv.1058

Coll. Mbarts Charleroi

Photo© L.Schrobiltgen