Un tournant de siècle s’annonce au moment où Anna Boch peint ce grand format de facture impressionniste. Juin 1894 : arrêt sur image. Geste délicat, celui d’une jeune femme tout de blanc et de long vêtue qui, protégée du soleil printanier par son ombrelle, savoure l’instant au jardin. Moment intime, femme flânant dans un majestueux jardin fleuri et qui, à l’image de celle qui la contemple à cet instant, est sans aucun doute issue d’un milieu privilégié.

Anna Boch est née au sein d’une famille d’industriels sensible aux arts décoratifs : celle des faïenceries Boch Frères Keramis à La Louvière. Voyageuse*, passionnée par la force de la nature et portée par l’immense bonheur de peindre en plein air, partout elle cherche la couleur, le soleil, les reflets de lumière sur les choses : de la Méditerranée à la Bretagne, de la mer du Nord à la Provence, en Hollande, en Italie, en Grèce.

Particulièrement active dans divers cercles artistiques où évoluent de nombreux musiciens, peintres belges et français, elle organise concerts et expositions dans sa demeure bruxelloise. Elle collectionne aussi, là encore, passionnément.

Indépendante jusqu’au bout des ongles, celle qui a dédié toute sa vie à l’art ; le sien et celui des autres, a peint, exposé, voyagé, collectionné, donné à voir et écouter, à une époque où cela ne se faisait pas de façon si évidente pour une femme.

Ce tableau a aujourd’hui 125 ans et reste avant tout la célébration de la lumière et de la couleur au travers du regard d’une artiste impressionniste éprise de liberté.

*Fait assez rare pour une femme à cette époque, elle aimait tellement voyager, qu’elle fit l’acquisition d’une voiture Minerva en 1907.

Raconté par le service de médiation des musées, Barbara Allard

Anna Boch (Saint-Vaast, 1848 – Bruxelles, 1936)

En juin ( 1894)

Huile sur toile, 138 x 93 cm

Inv. E1028

Dépôt de l’Etat belge – Coll. Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles