Chaque mois durant sa fermeture au public, en vue de la préparation de son déménagement, le musée propose une oeuvre choisie parmi ses collections. Une autre manière de s’approprier le patrimoine public, à travers des trésors actuels ou plus anciens, et toujours avec un regard neuf, prêt à découvrir et à s’émouvoir…

Réalisée en 2011, à l’occasion du 100ème anniversaire de l’ Exposition industrielle de Charleroi, « La ville rouge » de Michaël Matthys (Charleroi, 1972) a rejoint la même année les collections du musée des beaux-arts.

Avec cette œuvre peinte au sang et au charbon, l’artiste évoque la métropole wallonne qui lui est chère et qu’il connaît bien, puisqu’il en fit le sujet principal de Moloch et de La Ville rouge, bd parues chez FREMOK en 2003 et en 2009.

Matthys rend également hommage ici à Constantin Meunier (Bruxelles, 1831–1905), chef de file du Réalisme en Belgique et auteur des deux bronzes monumentaux évoquant la mine et la sidérurgie qui ornent le Pont Roi Baudouin, face à la Gare du Sud, au bas de la ville. C’est le Mineur au repos, flanqué de sa hache et coiffé de son casque, que Michaël a choisi de mettre en valeur dans sa large composition.

Le propos de l’artiste, servi par un métier assuré et des matériaux rudimentaires mais riches de sens, évoque un monde en deux couleurs hautement symboliques : le rouge du sang et le noir de la terre, synonymes de mort, synonymes de vie.

Ainsi, si l’artiste met son geste de dessinateur au service d’une histoire glorieuse, parfois tragique, son approche, gorgée d’une intense énergie, projette dans le même temps et avec force, vers l’avenir…

Michaël MATTHYS (Charleroi, 1972) ,
La ville rouge, 2011
Sang et charbon sur toile, 250 x 195 cm
Coll. MBarts Charleroi


Le Mineur accroupi, tout comme le Forgeron au repos, accueille le passant du pont Roi Baudouin depuis plus de 20 ans. Ces deux sculptures monumentales en bronze, la première côté Place Buisset, l’autre face à la Gare du Sud, ont en effet trouvé leur place à chaque extrémité du pont en 1996, après s’être fait face en son centre, pendant près de 60 ans. Elles sont les répliques des deux sculptures éponymes qui figurent sur le « Monument au Travail » de Constantin Meunier, érigé en 1930 à Laeken.

Tels deux emblèmes, ces deux ouvriers nous rappellent combien furent précieux, ces hommes (et ces femmes…) qui ont œuvré à faire de Charleroi une ville au riche passé industriel, une métropole aux visages multiples, telle que nous la côtoyons aujourd’hui. 

Constantin MEUNIER (Bruxelles, 1831-1905)
Le Mineur accroupi
Pont Roi Baudouin
6000 Charleroi

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