Il y a 100 ans à Dampremy…

par Jean Hardy

Jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle, la production de verre à vitres se faisait par soufflage. Différentes tentatives d’étirage avaient bien été tentées, mais ce fut finalement Emile Gobbe qui mit au point le procédé. Et ce fut Emile Fourcault, qui, le 26 octobre 1901, déposa le premier brevet, tout en reconnaissant fort élégamment, dans un document envoyé le même jour à Emile Gobbe: «… l’invention est votre entière propriété ».

Il fallut encore plus de 10 ans pour procéder aux tests industriels. Emile Fourcault rencontra pas mal de résistances, car les souffleurs de verre avaient vite compris que leur métier était appelé à disparaître! Il put néanmoins compter sur le soutien indéfectible de trois autres ingénieurs, qu’il avait connus sur les bancs de l’Université de Liège, et avec qui il s’était lié d’amitié:
- Ernest Delacuvellerie, brillant technicien, qui développa diverses solutions, entre autres face au problème des stries causées par l’étirage;
- Henri Lambert, industriel hors normes ( concepteur du plus grand four au monde: « Barnum », à Lodelinsart ) et remarquable visionnaire, qui apporta très tôt son soutien financier à Emile Fourcault;
- Georges Despret, beau-frère de Henri Lambert, qui présida aux destinées de « Boussois » pendant près d’un demi-siècle, et qui mit à disposition d’Emile Fourcault un de ses fours, situé à Jeumont, le long de la Sambre française.

Fort de ces divers soutiens, Emile Fourcault put commencer ses tests, d’abord dans une petite verrerie, à Tilly, près de Villers-la-Ville et, dès 1907, sur le four de Jeumont (France).

Finalement, sur un four qu’il avait fait construire spécialement à cet usage, dans l’usine de Dampremy dont il avait hérité de son grand-père maternel, Jules Frison. Il y fit monter successivement une machine d’étirage, puis deux, et finalement trois ( 1908 ).

La production effective sur une grande échelle démarra le 1er mars 1914.

Emile Fourcault mourut peu après la fin de la première guerre, mais ses héritiers eurent la bonne idée d’essaimer, et créèrent la S.A. Dampremy-Zeebrugge, avec l’idée de construire une usine située idéalement le long d’une grande voie d’eau, proche de l’approvisionnement en coke et en matières premières, et permettant de desservir facilement la marché anglais. Ce fut la verrerie de Zeebrugge, qui existe toujours (successivement: Univerbel – Glaverbel – AGC Glass Europe), même si la production de verre étiré s’est définitivement arrêtée au milieu des années 70, comme partout ailleurs, face à l’ascension irrésistible du procédé de verre flotté.

Et Dampremy? L’usine, qui n’était pas spécialement bien située, car enclavée en milieu urbain, fut définitivement arrêtée en 1936.

Reste que l’étirage Fourcault fut une folle et belle aventure, dans laquelle beaucoup de « Carolos » se sont impliqués avec pas mal d’enthousiasme !

Musée du Verre
Site du Bois du Cazier
Rue du Cazier, 80
6001 Marcinelle
Tél + 32 496 599 214 / +32 71 88 08 56
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Horaires:
Du mardi au vendredi de 9h00 à 12h30 et de 13h00 à 17h00
Samedi et dimanche de 10h00 à 12h30 et de 13h00 à 18h00
Fermé le lundi
Fermeture annuelle pendant les vacances d’hiver.

Accès à tout le site du Bois du Cazier:
Visite individuelle: adulte : 7€ / étudiant, senior, PMR: 4,50€ Visite en groupe: adultes 5€ / étudiants, seniors, PMR: 3,50€

 

2 réponses pour “Il y a 100 ans à Dampremy…”

  1. fevrier dit:

    Très intéressant! Une foule d’informations pour un profane sur à peine une page-que je me suis permis d’imprimer.
    C.F

  2. Verrerie-Mousseline.org | Procédé Pittsburgh. (Fourcault amélioré) dit:

    […] Cette vidéo tirée à Aniche à la fin des années 60, montre brièvement la fabrication de verre plat par une version améliorée (Brevet Pittsburgh) du procédé dit « Fourcault » inventé par Emile Fourcault à Dampreny (Belgique) en 1901  lien: http://charleroi-museum.be/2014/02/24/il-y-a-100-ans-a-dampremy/ […]

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