Pierre Paulus, entre le Musée des Beaux-Arts et le Musée du Verre

Pierre Paulus- Intérieur de Verrerie Le XIXe siècle, un tournant riche de bouleversements dans le domaine de l’industrialisation … À cette époque, le monde change, une nouvelle ère s’amorce, avec ses victimes, le prolétariat, mis à mal par cette révolution. Les artistes ne pouvaient pas rester indifférents au labeur et à la détresse vécue par les « laissés-pour-compte » du progrès et, paradoxalement, à la force de ces mêmes ouvriers, à la grandeur d’une nation, véhiculée par des avancées industrielles sans précédent. Le « réalisme social », courant soucieux d’humanité et s’intéressant comme jamais auparavant à la réalité du quotidien, à ses aspects les plus humbles, retranscrit la vie en direct.

Pierre Paulus (Châtelet, 1881-Bruxelles, 1959), aux côtés d’un Meunier ou de nombreux suiveurs, deviendra rapidement une des figures de proue de ce courant artistique. Et sur ce territoire si particulier, il ne pouvait manquer de s’intéresser à un pan important de la vie ouvrière : le monde verrier, ses intérieurs aux échos dantesques, ses lumières rougeoyantes issues de la matière en fusion, sa chaleur torride, le bruit obsédant, et au milieu ces hommes, ces femmes et ces enfants…

C’est ainsi qu’en 1921, il signe cet exemplaire unique en son genre et conservé au Musée des Beaux-Arts de Charleroi, représentant un intérieur de verrerie de soufflage « aux canons », où la chaleur des bassins contraste avec l’indifférente obscurité d’un lieu voué au rendement.

Une oeuvre à (re)découvrir au Musée du Verre jusqu’au dimanche 30 septembre dans le cadre de l’exposition « Émile Fourcault ou le verre plat révolutionné » avant son intégration à la nouvelle scénographie du Musée des Beaux-Arts qui sera dévoilée au public le 12 octobre 2012.

Laisser un commentaire