« Jeunesse » de Pierre Paulus

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« Jeunesse »

Pierre Paulus

Présentée au public à l’occasion du Salon d’Art moderne de l’Exposition internationale de Charleroi en 1911, « Jeunesse » compte parmi les oeuvres phares du Musée.

La dure réalité des rives sambriennes, que l’artiste découvre en 1904 et traitera dès 1906, se double ici d’une douce poésie : un jeune couple, amoureux et confiant, s’avance. Dans une touche post-impressionniste, l’artiste évoque un moment rare et précieux, celui que partagent ces jeunes ouvriers au sortir de l’usine. Elle, timide, baisse la tête, les cheveux couverts par le foulard facilement identifiable des « hiercheuses »… Lui, pose sur sa compagne le regard caractéristique des coeurs épris.

A l’arrière plan, un méandre de Sambre se déploie. Parée de reflets changeants, traitée dans des teintes paradoxalement claires, irisées, presque nacrées, la rivière se fait le miroir de cieux bienveillants.

Autour, les péniches, cheminées, hangars et terrils, décor de masses sombres, campent l’action et jouent le contraste. Tristes témoins d’une existence laborieuse, traités dans des camaïeux de gris, de bruns et de noirs mêlés, ils créent l’atmosphère, celle, tangible, presque palpable, qui enveloppe de ses odeurs âcres les êtres et les choses.

Si cette oeuvre est à classer dans une démarche qui relève bien du Réalisme social et en constitue d’ailleurs l’une des pièces majeures en ce début de 20ème siècle wallon,  son intérêt est aussi ailleurs. Car en nous parlant du monde ouvrier, Pierre Paulus ne fait rien de moins que d’évoquer l’humain. C’est là la réelle portée de l’approche d’un artiste qui, au détour d’un tournant de Sambre, en croisant deux ouvriers, rencontre l’universel.

Pierre Paulus (Châtelet, 1881 – Bruxelles, 1959)
Jeunesse – 1911 - Huile sur toile, 150 x 200 cm - Inv. 73

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