Délicatesses…

James Ensor - Délicatesses, s.d.  Huile sur panneau  21,5 x 30 cm  Coll. MBA – Legs Vercleyen, Gilly  Inv. 04040073  James ENSOR (Ostende, 1860 – 1949)

A l’occasion de l’exposition «  La tentation chinoise – Objets d’art d’exportation du seizième au dix-neuvième siècle  » (20 novembre 2009 – 25 avril 2010, à l’Abbaye Saint-Pierre de Gand), la Ville de Gand a sollicité le prêt d’une œuvre appartenant à nos collections : une huile sur panneau de James Ensor, intitulée Délicatesses.

Ce tableau est l’une des quatre œuvres de l’artiste d’origine ostendaise léguées, parmi beaucoup d’autres, à la Ville de Charleroi par Jean Vercleyen et son épouse. Fils de mineur né à Gilly en 1894, Jean Vercleyen, nommé Chef de Cabinet du Premier Ministre Achille Van Acker, se passionne pour «  la bataille du charbon  » mais aussi, en érudit, pour l’art et la littérature. C’est ainsi qu’en 1978, il lègue à sa commune natale, outre une vaste bibliothèque, une très belle collection de peintures, de dessins et de sculptures aujourd’hui conservés dans la Salle des Mariages de la Maison communale de Gilly.

Dans cette nature morte, James Ensor semble s’adonner avec délectation à la fois, à son sens de la vérité de la représentation, et à son souci du rendu de la lumière. Ici son pinceau se fait caresse… Les couleurs, délicatement appliquées, presque transparentes, y dévoilent tantôt la finesse évocatrice, tantôt la consistance matérielle des objets : une boîte à cigarettes «  Turmac  », une bouteille de Porto Sandeman, un verre à pied accueillant la précieuse liqueur, un plat, une tasse accompagnée de sa soucoupe richement décorée, une cafetière, un petit vase agrémenté de fleurs, disposés avec harmonie sur une table à la nappe décorée de motifs végétaux. Dans une technique impressionniste de sensibilité «  autochtone  » où la touche, moins présente, donne la part belle aux motifs colorés et aux effets d’une atmosphère intimiste, Ensor pratique une peinture claire, lumineuse, aux tonalités irisées. Rompu à l’art de l’aquarelle, il use ici de l’huile, avec retenue, comme d’une matière diaphane aux éclats mesurés…

Prochainement, Musée des Beaux-Arts devrait présenter une exposition consacrée au Legs Vercleyen. Cette manifestation sera accompagnée d’une publication intitulée «  Gilly : une Commune au patrimoine peu commun  », second opuscule de la série «  (re)voir (re)garder (m)éditer  »  consacrée aux collections constituées par les communes avant leur fusion en 1977 et initiée par le Musée en 2003 avec la collection de la Commune de Montignies-sur-Sambre.

Laisser un commentaire