Raymond Drygalski

Raymond Drygalski

Raymond Drygalski, né à Charleroi en 1948, est un homme du territoire. Ancré bien solidement dans cette terre qu’il aime, il y a ses racines, sa vie. Ouvrier-manoeuvre, dès l’âge de quatorze ans, l’école est très vite le lieu où il peut s’adonner à un exercice qu’il adore : celui du dessin. Grâce à la générosité de l’un de ses professeurs, il bénéficiera, durant une année, de cours du soir auprès du peintre André Lafaille, à Monceau-sur-Sambre. Devenu, ensuite, métallurgiste, et plus précisément lamineur, il connaît bien le monde du travail en usine, celui du labeur auprès de la fonte en fusion, dans la chaleur et le bruit, dans la poussière et l’odeur âcre des vapeurs lourdes. Plus tard, formé à l’Académie des Beaux-Arts de Namur, où il étudie la gravure auprès de Mady Lemaire durant huit années, il s’initiera aussi à l’histoire de l’art. Sans doute, la noirceur de l’encre lui rappelait-elle celle de la suie ; sans doute y a-t-il là matière à penser, mais Drygalski n’est pas de cette pâte-là. C’est un homme d’action et d’engagement. Durant dix-sept ans, il sera en charge de l’atelier d’encadrements du Club psycho-social Théo Van Gogh de Charleroi où, aux côtés du peintre, graveur et sérigraphe Jean-François Van Haelmeersch, il initiera les patients aux plaisirs de l’art et de la création. Aquarelliste sensible, il réalise depuis quelques années de petites compositions dans lesquelles il donne aux paysages d’ici des coloris d’une grande douceur. Sa production gravée, quant à elle, se fait l’écho d’un enracinement plus dur, plus viscéral. Les formats, souvent oblongs, sous tension, génèrent des compositions sobres et équilibrées dont la mise en page laisse la part belle au ciel ; espace ouvert, qui dépasse désormais de loin les limites imposées. Les volumes, fruits de lignes qui effleurent plus qu’elles n’incisent, sont à la fois précis et délicatement naïfs : petites maisons de coron, imposants terrils, hautes cheminées, sont les transcriptions spontanées, presque infantiles, d’un souvenir encore aigu. La matière pourtant née de l’eau-forte, technique aux accents agressifs, se fait velours. L’encre, corps dense et compact, se libère en de larges zones qui vibrent et palpitent au rythme d’une application subtile et nuancée. La couleur, enfin, se décline à l’infini. Du noir au noir, du noir au gris, du gris au noir, du noir au blanc… Elle crée une atmosphère tantôt mélancolique, tantôt poétique, révélée par la lumière noire d’un monde un peu triste devenu magique.

9 réponses pour “Raymond Drygalski”

  1. Raymond V. dit:

    Les propos et la voix rocailleuse de l’artiste rendent bien le vécu traduit dans ses gravures. Il a bien connu l’histoire du « pays noir » que d’aucuns voudraient occulter. Quelle erreur! Cette époque a été porteuse de la grandeur de la Wallonnie et de tout le bassin industriel.
    Merci à Raymond Drygalski qui défend si bien notre patrimoine culturel.
    Bravo pour la convivialité du site.

  2. Anne Volpe dit:

    Cher Raymond,
    Merci Raymond pour tout ce que tu donnes avec générosité et amour des autres avec ta manière de t’exprimer dans tes gravures .
    Tu sais que je trouve qu’elles sont très belles, j’en ai d’ailleurs une dans mon living et dans le living de mes deux filles aussi.
    J’ai écouté ton parcours et il te ressemble bien.

    Que ta vie soit toujours remplie de lumière et d’amour.
    Anne Volpe

  3. josette dit:

    salut copin continue comme sa

    tres jolie

    ta copine josette

  4. Mélusine dit:

    comment ne pas apprendre à aimer le Pays Noir quant il est ainsi conté… avec une pointe d’accent carolo que l’on ne peut rater, avec toute la chaleur que l’on sent débordant du coeur de l’Artiste…comment ne pas être contaminé par cette passion qui a animé, anime et animera encore les soirs de Raymond… impossible!!
    Contamination par l’Art que je souhaite à….tertous!!

  5. Londot Sabine dit:

    J’ai rencontré l’artiste au salon « ArtisanArt » à Floreffe.
    Ce fut un moment magique tant au niveau humain qu’au niveau artistique.L’homme est convivial et avide de donner des explications sur sa maîtrise technique.Son travail de graveur est remarcable.
    J’ai un petit faible pour ses petits formats dans lesquels notre pays noir est à peine suggéré par de grands contrastes de valeurs noires et blanches.
    Je ne me lasse pas d’admirer l’oeuvre qui a pris place dans mon univers.

  6. jef Couck dit:

    On aimerais visiter une exposition de Drygalski.
    Quand et ou?
    Merci

  7. Coraly dit:

    Nous transférons votre demande à Raymond Drygalski qui ne manquera pas de vous indiquer son programme d’expositions pour les mois à venir. Pour rappel cependant, Raymond est présent dans notre exposition FOCUS qui se tient au Palais des Beaux-Arts jusqu’au 28 février prochain…

  8. Olivier Simon dit:

    Toudis un ch’tit café pour m’copain! En plus d’un bon client c’est un Chic type et une figure de notre horizon culturel carolo! ;-)

  9. Dautremont dit:

    Raymond, un homme extraordinaire avec un coeur grand comme ça, qui se dépense pour les autres avec un énergie qui force le respect. Un homme simple qui vit avec son pays noir. Un artisan, peut-être, un artiste certainement. Merci à toi vi copin

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