Gabriel Belgeonne

Gabriel Belgeonne

Né à Gerpinnes, au sud de Charleroi, Gabriel Belgeonne est diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Mons où il suit les cours de Gustave Camus. Au sortir de l’Institution montoise, c’est donc tout d’abord vers la peinture qu’il s’oriente, aux côtés notamment de son oncle, le peintre abstrait Zéphir Busine. Sa rencontre, en 1964, avec le graveur Gutave Marchoul donne à sa carrière une nouvelle impulsion et le fait pénétrer dans un univers dont il est aujourd’hui devenu l’une des figures incontournables en Belgique, celui de la gravure. Sa carrière professorale (cours de gravure à l’Académie de Mons et Atelier gravure et illustration du livre de La Cambre) l’amènera à diriger dès 1976, l’Ecole Supérieure des Arts Plastiques et Visuels de l’Etat à Mons ainsi que, de 1998 à 2000, l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Visuels (La Cambre), à Bruxelles. Son implication concrète dans le monde de la création plastique, son souci permanent de mettre en place, en Belgique francophone, un véritable réseau d’espaces tant de création que de diffusion de la gravure, l’amèneront, en 1971, à fonder l’Association Tandem (micro-édition de livres d’artiste), à organiser, dès 1976, des Biennales de gravure, à être Membre fondateur, en 1979, du Musée du Petit Format de Viroinval, aujourd’hui reconnu par la Fédération Wallonie-Bruxelles, celui, aussi, en 1982, du Centre de la Gravure et de l’Image imprimée à La Louvière… Représentant la Belgique à la Biennale de São Paulo en 1989, il est désormais pensionné et se consacre pleinement à Tandem et à une production toujours plus dépouillée. Revenu à la peinture, il garde de ces longues années de pratique du burin et de la plaque, le sens du vide, le sens du plein, le goût du noir, le goût du blanc. Son approche, pétrie de philosophie orientale, repose sur l’idée que c’est bien le vide qui est fondateur ; le vide qui soutient toute chose, le vide qui donne sa consistance au plein. Tout d’abord intéressé par le signe de la conque qu’il exploitera pendant de longues années, Belgeonne s’est peu à peu détaché de ce motif pourtant riche de son infinitude pour donner toujours plus d’espace aux quelques signes qui constituent désormais son alphabet personnel et mystérieux. Tant dans ses gravures à l’aquatinte, technique qu’il domine et dont il joue à la perfection, que dans ses délicates compositions à l’aquarelle,  l’artiste n’a de cesse d’éprouver encore et encore, la fine texture du papier, la légèreté des encres, la douceur des teintes « terre ». Dans un univers au lyrisme contenu, voué à l’équilibre sur le fil, au déséquilibre qui construit, Belgeonne, avec la puissance de sa maîtrise et la retenue de sa sagesse, nous livre, au fil de ses paysages intérieurs, les traits, formes, volumes, rythmes et couleurs de nos propres émotions.

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